Prise de conscience

Ma conscience du monde n’a pas toujours été aiguisée au point de me soucier du tri et de la masse de mes déchets, de la provenance et de la composition des produits que je consomme, de la quantité de pages que j’imprime, du nombre de kilowatts gaspillés par mes appareils laissés en veille, etc.

Crédit photo : Boredpanda.com
Crédit photo : Pejac.es

Mais j’ai toujours été attirée par la nature et subjuguée par la beauté de celle-ci. Petite, je me sentais déjà concernée par les catastrophes écologiques que l’on voyait au journal télévisé, touchée par l’évolution croissante du réchauffement climatique et ses répercussions sur la faune et la flore. Mais sans voir à aucun moment que moi, à ma petite échelle, je pouvais tenter de changer les choses ; sans voir que moi aussi j’avais un impact via mes actes et mes choix ; sans voir que finalement j’avais ma part de responsabilité dans le suicide écologique vers lequel notre planète avance à vitesse grand V.

Aujourd’hui je vise une vie plus humaniste que ce soit dans ma façon d’interagir avec les autres que dans mes modes de consommation. Ma démarche eco-friendly est une démarche complète en faveur de l’environnement, un processus qui s’inscrit dans mon quotidien, qui modifie petit à petit tous les pans de ma vie.

Dans ma ville, malgré sa plage, ses parcs et forêts, j’étais totalement englobée dans une vie consumériste. Autrefois, quasiment à chaque sortie, je rentrais systématiquement chez moi avec un sac rempli de fringues en tout genre dont certains toujours dans mes placards avec dessus l’étiquette « Made in Bangladesh » bien sûr ! Lors de mes sorties, je m’offrais également un verre et une gourmandise à la terrasse d’un café, dépensant ainsi quelques 5/10€ pour des produits alimentaires qui par ailleurs dormaient déjà dans mes placards. En plus d’alléger considérablement mon porte-monnaie, je me suis rendu compte que tous ses petits plaisirs n’en étaient plus vraiment : à force d’abuser des petits extra de la vie, j’ai fini par me lasser et ne plus ressentir le plaisir qu’ils étaient censés m’apporter. Je ne dis pas qu’aujourd’hui je ne le fais plus : prendre un verre en terrasse ou au bistrot du coin est toujours très agréable, simplement j’ai réappris la juste valeur des choses !

Cette consommation de masse ne m’a au final apporté qu’un allégement de mon compte en banque, un dressing surchargé d’articles inutiles, des kilos en trop à force de tester tous les restaus branchés de la ville et de l’énergie dépensée à essayer de me conformer à un mode de vie idéalisé : celui d’une jeune femme moderne fringuée, heureuse et épanouie dans sa vie, image d’Épinal que nous offre toutes bonnes séries girly et films de la même espèce.

Avec le recul je me rends compte que je suis tout aussi heureuse aujourd’hui que je ne l’étais hier. Aujourd’hui il peut m’arriver de passer quatre ou cinq mois sans m’acheter le moindre vêtement ou accessoire, six mois sans passage au salon d’esthétique, un an sans visite chez le coiffeur, etc. Je ne dis pas que ce sont là des gestes en faveur de notre planète, mais chez moi c’est la preuve flagrante que ma vision du monde et mes centres d’intérêts ont changé.

Crédit photo : Sandrine Estrade Boulet
Crédit photo : Sandrine Estrade Boulet

Ce qui m’a ouvert les yeux ? Tout un tas de petites choses qui ont contribué à m’amener sur le chemin de la prise de conscience. Attention, je ne dis pas que je me suis totalement libérée du poids de la consommation outrancière et irresponsable, toutefois aujourd’hui je tends à être eco-friendly dans chacun de mes actes. Sans doute allez-vous trouver cela stupide, mais ce qui est à l’origine de mon processus de remise en question, c’est mon déménagement à la campagne.

Certes c’est plus simple de résister à l’appel de la mode et à la fièvre acheteuse lorsque l’on habite à 25km de ses boutiques favorites. J’habite à la campagne, mais je travaille en ville dans un quartier gorgé de restaurant en tout genre, à deux pas des artères et rues commerçantes, en clair le mot « consommation » est dans toutes les têtes. J’ai parfois des envies subites de dépenser l’argent durement acquis voire même que je n’ai pas encore… Mais je me résonne, en me disant justement que l’argent ne tombe pas du ciel, que je n’ai pas réellement besoin de cette poule rose montée sur ressort, que ce sandwich poulet-crudités dans son pain aux céréales sera bien trop vite avalé par rapport au temps que j’ai passé à me préparer une lunch box certes moins appétissante mais plus riche en nutriments, que ce monsieur au coin de la rue qui fait la manche a une vie bien plus dur que la mienne et que dépenser mon argent en futilité et passer devant son nez avec des sacs de shopping remplies devrait être la dernière chose à faire. Parfois ça marche et parfois non, parce que j’ai tout de même acheté la poule rose même si le soir même je m’en mordais les doigts* et je ne compte plus le nombre de fois où j’ai troqué ma lunch box contre un sandwich ou un déjeuner au restau avec des amies ou des collègues.

Je pense que nous sommes énormément dans ce cas, à tenter de lutter contre notre nature de consommateur pour devenir consomacteur. C’est ma nouvelle motivation, mon nouveau leitmotiv qui me permet une remise en question sur des automatismes acquis depuis ma plus tendre enfance. Ma vie eco-friendly est loin d’être aboutie, mon idéal zéro déchets en loin d’être atteint et le no impact est peut-être bien une utopie, mais c’est désormais mon utopie !

* Arrivée à la maison avec ma poule, je l’offre à mon chéri histoire de me dédouaner de l’achat en le transformant en cadeau (je suis une horrible manipulatrice je l’assume) et nous l’installons sur le buffet : du plus bel effet ! Le soir même me voilà sur Internet en me demandant si des objets de la même sorte existeraient en format cochon ou chèvre (mes deux animaux favoris pour lesquels j’ai une passion sans nom), et que vois-je ? L’exacte réplique de ma poule vendue non pas à l’unité, mais par deux et pour 2.50 € de moins que le prix déboursé pour l’acheter en boutique. Voilà pourquoi je m’en mords les doigts : parce que je me suis fait avoir par une commerçante aux marges astronomiques.

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